1985 : la portion congrue

Que se passait-il en 1985 ?

Le 11 mars, Gorbatchev prend la tête de l’URSS. Le 12 avril, la navette américaine Discovery quitte l’orbite terrestre pour revenir une semaine après. Le 29 mai, le stade du Heysel en Belgique est le théâtre d’émeutes durant un match de foot. L’événement fait 41 morts. Le 10 juillet, le Rainbow Warrior, bateau appartenant à l’association Greenpeace, coule en Nouvelle-Zélande. Le sabotage devient une affaire d’Etat au cours de laquelle le ministre de la Défense française en place, Charles Hernu, démissionne. Le 30 septembre, l’actrice Simone Signoret décède à l’âge de 64 ans.

Frank Zappa Meets the Mothers of Prevention

En novembre 1985 sort le seul album de Zappa pour cette année, « Frank Zappa Meets the Mothers of Prevention ».

7 puis 9 puis finalement 10 morceaux

Les fans du moustachu, habitués à la sortie de plusieurs opus chaque année, seront frustrés en 1985. Seul un album tombe dans les bacs qui plus est en fin d’année. De facture très expérimentale, « Frank Zappa Meets the Mothers of Prevention » concerne en plus une portion réduite du public de Zappa.

A l’origine doté de 7 morceaux dans sa version originale U.S (pour une durée ridicule d’environ 35 minutes), l’album se verra augmenté de 2 titres supplémentaires et du retrait d’un autre pour sa sortie en Europe. Lors de la réédition en CD, le titre supprimé pour la version Europe sera rajouté au track-listing portant à 10 le nombre de morceaux total.

Que dire de ce disque sinon que Zappa enfonce le clou dans la provoc avec des morceaux aux titres explicites (« Alien Orifice », « Aerobics in Bondage ») histoire de faire suer le comité  « Parents Music Resource Center » en charge aux Etats-Unis d’apposer des autocollants « Parental Advisory Explicit Lyrics » sur les boîtiers de disques.

Le disque évolue entre jazz expérimental et musique contemporaine. Le Synclavier y est majoritairement présent, même si Steve Vai, fraîchement recruté, exécute quelques moulinets d’obédience plus rock.

Pour en savoir plus sur « Frank Zappa Meets the Mothers of Prevention« , merci de vous rendre sur le site frank-zappa.fr.

1984 : pour 4 albums de plus…

En 1984, Frank Zappa se lâche complètement et assure 4 livraisons dans l’année. Vont se succéder des disques différents et de grosses sommes auditives qui vont bien occuper le fan de cette année-là. Les sorties de ces albums sont regroupées sur les cinq derniers mois de l’année.

Boulez conducts Zappa : The perfect stranger

Zappa réalise enfin son rêve. Mettre en vie une de ses partitions par un grand chef d’orchestre. C’est Pierre Boulez qui s’y colle. Pour ceux qui connaissent un peu le moustachu et son degré d’exigence, le rêve sera de courte durée. Le moustachu jugera l’interprétation trop en dessous de ce qu’il en espérait. Zappa refusera de venir saluer en public après la représentation de son oeuvre. Boulez ira tout de même le chercher pour qu’il puisse bénéficier des applaudissements.  Le disque sort en août 1984.

Them or us

Dernier disque historique de Zappa jouant avec un groupe, « Them or us » parait en octobre 1984. Album bien consistant (plus de 70 minutes) avec les brutes musicales épaisses qui entouraient Zappa à l’époque (Steve Vai, Georges Duke…). Le disque est aussi l’occasion de jouer en famille avec Moon Unit Zappa aux percussions et le fiston Dweezil à la guitare. Un album de rock plaisant mais pas toujours simple d’accès non plus.

Thing Fish

L’année 1984 se poursuit avec la sortie d’un triple album concept « Thing Fish » publié en novembre 1984 mais dont la conception et l’enregistrement a débuté en 1982. L’histoire déjantée imaginée par Zappa se répand sur plus d’une heure et demie pour une comédie musicale à la hauteur de l’humour caustique de Frank. Peut-être un poil fatigué, Zappa puise des titres dans d’autres albums et les nappe d’une autre sauce.

Pas toujours simple à suivre, « Thing Fish » sera plus ou moins boudé par le public.

Francesco Zappa

Pour terminer l’année, « Francesco Zappa », un album de musique classique, parait lui aussi en novembre 1984. Zappa s’invente un aïeul musicien, Francesco Zappa. Il imagine aussi mettre la main sur des partitions écrites au 18ème siècle qu’il décide de graver sur vinyle. L’album contient 17 mouvements dont la majeure partie dépasse rarement les deux minutes. Il est entièrement composé au Synclavier.

Retrouvez maintenant les chroniques de ces albums de l’année 1984 sur le site de Zappa en français, frank-zappa.fr.

1983 : retour aux affaires

Si l’an passé, Zappa n’avait jeté dans les bacs qu’un seul album, l’année 1983 allait être beaucoup plus riche avec 3 nouveaux disques à ajouter à sa discographie.

The man from utopia

Onze titres pour la version CD et seulement 10 pour l’option vinyle pour « The man from Utopia » qui sort donc fin mars 1983. Sous une pochette superbe dessinée par Liberatore, Zappa exhibe des muscles virtuels et nous présente des morceaux équilibrés en terme de durée.

verso pochette The man from Utopia
Le dos du CD « The man from Utopia »

Très facile d’accès et d’une teneur plutôt rock, Zappa raccroche aux wagons avec un disque accessible tout public.

Baby Shakes

D’une durée très ramassée (36 minutes), ce disque sort aussi en mars 1983. C’est en fait la bande-son d’un film réalisé par Zappa himself, captée en live. Pour accompagner le moustachu sur scène, quelques noms connus viennent émailler les crédits de pochette : Peter Wolf (J Geils Band) ou encore Adrian Belew (King Crimson).

Les morceaux repris ici figurent déjà sur d’autres opus du maître. Par exemple, le morceau-titre est déjà sur « Sheik Yerbouti ». « Disco Boy » se trouve aussi sur « Zoot Allures ».

Un album où Zappa reprend du Frank Zappa en quelque sorte.

London Symphony Orchestra, Vol. 1

En juin 1983 sort le dernier album de l’année, « London Symphony Orchestra, Vol. 1 ». Complètement instrumental, ce disque met en scène des morceaux expérimentaux de Zappa joués par un orchestre symphonique dirigé par Kent Nagano. Cet album préfigure la collaboration entre Pierre Boulez et Zappa quelques temps plus tard. Il faudra attendre 1987 pour entendre la seconde partie de ce concert avec le « London Symphony Orchestra, Vol. 2 ».

Une réédition opportune en 1995 permettra de réunir ces deux albums sous une seule pochette.

Retrouvez maintenant les chroniques de ces disques de 1983 sur le site frank-zappa.fr.

1982 : l’épure est à l’honneur

L’année précédente, Zappa nous avait concocté trois albums. En cette année 1982, la tension se relâche quelque peu. Le maître ne commercialisera qu’un seul disque où tout devient simple.

Ship Arriving Too Late to Save a Drowning Witch

Que se passe-t-il en cette année 1982 ? Zappa semble avoir mis la pédale douce et ne sort qu’un seul album. La durée courte (34 minutes) et le nombre de morceaux proposés (6) laissent à penser que le moustachu a besoin d’une pause dans son effervescente créativité musicale.

Ship Arriving Too Late To Save A Drowning Witch
Le verso de la pochette

Pour commencer, une pochette sobre, aux traits noirs traversant une pochette blanche. Le graphisme explique le nom de l’album. Une sorcière qui se noie n’est pas sauvée par un bateau venu la secourir. Le bateau, dont on voit l’avant sur la gauche, s’approche de la sorcière dont on ne voit plus que le chapeau sur le trait représentant l’océan.

Pour le ton, Zappa choisit l’humour, son arme favorite. Un des morceaux entrera même au TOP 40 des charts américains. « Valley Girl » inclus un texte dit par la propre fille de Zappa, Moon Unit.

La grande suite compliquée « Drowning Witch » de plus de 12 minutes tire son épingle du jeu au milieu de chansons plus conventionnelles mais tout aussi réussies.

Pour en savoir plus sur cet unique album de l’année 1982, consultez le site frank-zappa.fr pour lire la chronique consacrée à « Ship Arriving Too Late to Save a Drowning Witch« .

1981 : trois albums pour commencer la décennie

Zappa attaque les années 80 avec une année blanche. 1980 sera auréolée d’un silence assourdissant, mais c’était pour mieux en remettre une couche par la suite. En 1981, Zappa publiait 3 albums dont voici un bref rappel.

Tinseltown Rebellion

Cet album parait quelques jours après l’élection de Mitterrand en France, le 17 mai 1981. Ce disque reprend des extraits de concerts captés un peu partout aux USA. En studio, Frank joue avec ses morceaux, retenant un solo par là, une rythmique par ci, et reconstruisant entièrement des titres complets en live qui n’ont en fait jamais eu ce mixage sur scène. « Tinseltown Rebellion » comprend 15 titres et reçoit les éloges du public à l’arrivée avec encore une fois une sélection live haute en couleur.

Shut Up ‘n Play Yer Guitar

Toujours pas de nouveaux titres avec cet étrange mais au demeurant excellent « Shut Up ‘n Play Yer Guitar » paru la même année.

Zappa

Zappa décide de la mettre en veilleuse avec (au choix) trois disques vinyles ou deux albums format CD compilant 20 solos de guitare issus de prestations scéniques variées. L’exercice paraîtra vain pour certains mais raviront les adeptes de la six cordes et fans du maître.

You Are What You Is

Enfin, en septembre 1981, Zappa produit une vingtaine de morceaux qu’il couche sur un triple album vinyle, « You Are What You Is« . De plus, pour mettre au point ces nouveaux titres, Zappa compose et enregistre dans son tout nouveau studio aménagé dans le sous-sol de sa maison.
Cet album inaugurait également une première. Le seul et unique clip du morceau-titre qui passera quelques temps sur MTV, années 80 oblige.
Comme Zappa ne savait pas faire les choses à moitié, il scénarisa le clip avec un sosie du Président de l’époque, Ronald Reagan. Mais le passage où le moustachu fait frire le Président sur une chaise électrique n’est pas très bien reçu. Le clip aura donc une courte durée de vie sur la chaîne avant d’être retiré.

Comme d’habitude, retrouvez les chroniques de ces albums sur le site frank-zappa.fr.

1979 : une fin de décennie chargée !

En 1979, dernière année de la décennie 70, Zappa va mettre les bouchées doubles en publiant 4 albums. La plupart des styles du maître y sont représentés avec un bel éclectisme.

En janvier 1979, « Sleep Dirt » offre durant 7 morceaux, une belle alchimie entre rock progressif et jazz fusion. En un peu moins de 40 minutes, Zappa dépoussière le genre et grave cette poignée de titres composés entre 1974 et 1976.

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Le dos du CD « Sleep Dirt »

En mars 1979 parait « Sheik Yerbouti », une grosse somme de morceaux live captés l’année précédente.

Avec ce disque, Zappa entame sa relation avec son nouveau label CBS. On considère toujours aujourd’hui que « Sheik Yerbouti », son 25ème album en un peu plus de dix ans d’activité est une vraie réussite commerciale.  Ce double-album atteindra la 21ème place des charts américains.

Seulement 2 mois plus tard parait « Orchestral Favorites », un disque de musique expérimentale. On trouve sur ce disque seulement 5 morceaux pour une durée d’un peu plus de 30 minutes. Pas moins de 20 musiciens constituent l’orchestre accompagnant Zappa, toujours au poste de guitariste.

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Le verso de « Joe’s Garage »

Avant de clore l’année 1979 et attaquer une nouvelle décennie, le 19 novembre parait l’incontournable opéra-rock « Joe’s Garage ».

Ce double-album affiche une durée record de près de deux heures de musique qui parviendront à tenir sur quatre faces de vinyles.

Découpé en trois actes, le propos est tour à tour engagé ou ironique, montrant ainsi tout le génie d’un Zappa en état de grâce.

Le disque reste le préféré des fans et celui considéré comme le chef-d’oeuvre ultime du moustachu.

Lisez maintenant les chroniques de ces disques sur le site frank-zappa.fr.

1978 : 2 albums de plus !

L’année 1977 fut blanche pour Zappa. Enfin pas tout à fait. Il passe une bonne partie de l’année 1977 à tenter de convaincre sa maison de disques, Warner, de publier un gros projet intitulé « Läther ». Il s’agit d’un coffret contenant 4 albums. Mais cette dernière refuse, jugeant ce coffret invendable. Des centaines de radios seront pourtant destinatrices dudit coffret. L’année suivante, en 1978, Zappa monte son propre label, Zappa Records et se met en devoir de publier ces disques mais indépendamment.

Ainsi, pour l’année 1978 paraîtront « Zappa in new-york » et « Studio Tan ».

Zappa in New-York : live au Palladium

Un joli live sort donc en mars 1978. « Zappa in New-York » reprend une partie des concerts donnés le 26 et 29 décembre 1976 au Palladium. La version vinyle ne comportait que 10 morceaux. La version rééditée en CD bénéficiera de 5 nouveaux titres dont une belle version de « The Torture Never Stops ». Il est à noter que la photo de la pochette a été commise par le fiston Dweezil âgée de seulement 7 ans à l’époque.

Zappa in new-york version vinyle
Une jolie version en vinyle

Studio Tan : une face très expérimentale, l’autre moins

Second opus à voir le jour en septembre 1978, « Studio Tan ». Ce disque d’une petite quarantaine de minutes comporte 4 titres. Le premier « The Adventures of Greggery Peccary » représente la moitié de la durée. Très expérimentale, cette première face est difficile à suivre. Les plus patients goûteront avec plaisir la seconde avec notamment le superbe « RDNZL » fréquemment repris sur scène.

Lisez maintenant les chroniques de ces deux albums sur le site frank-zappa.fr.