Burnt Weeny Sandwich (1970)

« Burnt Weeny Sandwich » sort en février 1970 mais fut enregistré l’année précédente. Il s’agit du 8ème album de Frank Zappa.

« Burnt Weeny Sandwich »est fortement orienté doo-wop comme en témoignent les morceaux d’ouverture et de clôture du disque. Neuf titres dont deux durent moins de 2 minutes occupent les deux faces d’un album à la pochette compliquée. Mais le disque vaut surtout pour la longue pièce de près de 19 minutes « Little House I Used To Live In » où le moustachu laisse libre court à sa folie free-jazz.

Burnt Weeny Sandwich version vinyle
Burnt Weeny Sandwich version vinyle

L’analogie avec le disque « Uncle Meat » paru l’année précédente est facile à démontrer avec une pochette très similaire et des morceaux qui se comportent comme une suite musicale logique de l’Oncle Viande ou du moins, dans un même état d’esprit.

Pour autant, « Burnt Weeny Sandwich » ne recueillera pas les mêmes lauriers.

Pour la sortie de ce disque, Zappa est pressé, sans qu’on puisse d’ailleurs comprendre pourquoi. Il est en rupture avec son groupe, les Mothers of Invention et tient à nourrir, voire à doper sa carrière solo en multipliant les sorties. Le disque sera reçu de manière mitigée en se classant à la 94ème place du classement Billboard dans la catégorie « Pop Albums ».

En cette année 1970, Zappa sortira encore deux opus, dans une véritable frénésie de nouveautés et d’occupation du terrain musical. Ainsi,  « Weasels Ripped My Flesh » (paru en août 1970) et « Chunga’s Revenge » (sorti en octobre 1970) montreront une année productive à bien des égards pour Zappa.

En attendant que nous reparlions de ces deux opus une fois prochaine, vous pouvez toujours relire la chronique « Burnt Weeny Sandwich » sur frank-zappa.fr.

Hot rats (1969) : l’année Zappa

Commençons cette nouvelle année avec un focus sur le dernier album de la décennie sixties commis par Frank Zappa, « Hot Rats » (1969). Il s’agit du 7ème album de Zappa en seulement 3 années d’activité.

Sur ce disque instrumental à 90% et dédié au jazz et au rock, Zappa délaisse pour un moment ses « Mothers » pour s’adjoindre la collaboration de Ian Underwood qui tiendra l’orgue, la clarinette, la flûte, le piano et le saxophone sur cet album de 6 titres.

A noter également la participation de Captain Beefheart (harmonica) et de Jean-Luc Ponty (violon).

hot rats

« Hot rats » est considéré à juste titre comme un des plus beaux exercices instrumentaux gravés du Zappa et qui en plus se révèle très facile d’accès. Tout le monde pourra se prendre au jeu de cette musique tricotée à l’ancienne, regorgeant de chausse-trappes et de surprises, et qui reflète surtout une façon de composer complètement en marge de ce qui se faisait à l’époque.

Frank Zappa met le paquet et se donne les moyens d’arriver au résultat escompté. Les Beatles sont en train de peaufiner « Abbey Road » et font l’admiration de tous en utilisant une table d’enregistrement 8 pistes. Zappa décide de doubler la mise et s’offre un 16 pistes pour façonner son album qui ne sonnera jamais comme la masse pouvait résonner à l’époque.

L’album ne fit pourtant pas sensation et se classa 173ème au classement Billboard dans la catégorie « Albums Pop ».

Finissons ce billet avec l’explication de la pochette. La personne qui figure dans la piscine vide de la pochette n’est autre que la baby-sitter de la fille du moustachu Moon Unitt, Christine Frka qui officiait par ailleurs dans le groupe GTO’s formé également par Pamela Des Barres.

Ce groupe de groupies éphémère ne sortira qu’un album en 1969 produit par Zappa : « Permanent Damage ».

Le prochain billet sera l’occasion de parler un peu plus de l’album « Burnt Weeny Sandwich » terminé en 1969 mais paru en février 1970.

En attendant vous pouvez toujours retrouver la chronique de Hot Rats sur frank-zappa.fr.

Uncle meat (1969) – Le Film

En mars 1969, après trois années d’activité, Zappa sort son déjà 6ème album, « Uncle Meat ». Ce « Tonton viande » sera suivi d’un autre album toujours pour la même année chère à Gainsbourg : « Hot rats » qui parait en octobre, 1969 donc.

« Uncle Meat » est censé être la bande-son d’un film, mais voilà, celui-ci n’est pas encore sorti et ne verra le jour que lors d’une sortie vidéo 18 ans plus tard, en 1987. En 1969, Frank Zappa prévient son auditoire en apposant cette remarque sur la pochette du disque « Music for a film we haven’t got enough money to finish yet » (Musique pour un film pour lequel nous n’avons pas encore assez d’argent pour le finir).

Sur Youtube, le film est restitué dans son intégralité.

L’album est une nouvelle limite que Zappa franchit, en bousculant à nouveau les codes de la musique. SI on retrouve des éléments déjà présents dans la musique du moustachu (rock, blues, doo-wop…) le maître y rajoute deux essences nouvelles, le classique et le jazz (la longue suite « King-Kong »).

La réédition de 1995 augmente la durée initiale du double album (75 minutes) à deux bonnes heures avec l’adjonction de bonus et d’extraits sonores du film. Véritable encyclopédie de Frank Zappa, cet album est une bible pour les fans de la première époque.

Je vous invite à retrouver la chronique de cet album sur le site, juste ici.

Le prochain billet sera consacré à « Hot Rats », dernier disque de Frank Zappa de la décennie sixties.

We’re Only in It for the Money (1968) : la mode hippie au pilori

Les 19 titres de « We’re Only in It for the Money » sortent en septembre 1968. Satire féroce du mouvement hippie, cet album marie différents styles comme le doo-wop, le surf, et les orchestrations expérimentales.

L’album atteignit la position 30 dans le classement d’albums Billboard.

Frank Zappa were only in it for the money
La pochette originale

Petits collages juxtaposés, les titres sont très courts, ne dépassant pas les 2 minutes pour une moitié d’entre eux. Le disque est entouré d’un parfum de scandale qui a du bien amuser Frank Zappa. Certains morceaux se verront amputés et censurés.

Ces coupures seront réintroduites dans une version rééditée de 1986 sur laquelle les parties basse et batterie seront rejouées par Arthur Barrow et Chad Wackerman.

Dans ce disque, Zappa se lâche complètement et fustige le mouvement hippie qu’il considère comme étant fomenté par des étudiants bourgeois sous l’emprise de drogues.

Côté pochette, rien n’a été oublié non plus côté dérision.

La pochette originale reproduit celle du « Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band » avec le groupe devant un parterre de personnalités. Cette pochette fut modifiée avec une autre présentant simplement Frank Zappa et les Mothers sur un fond jaune. Chacun des membres est habillé avec un peignoir ou avec une robe…La réédition de l’album de 1986 permettra de retrouver la pochette originale.

L’édition CD ajoutait quelques bonus sous forme d’objets hétéroclites et improbables. On pouvait y trouver une moustache, un billet de banque, des cheveux, un badge en forme de téton plus un autre baptisé « Lieutenant » à l’effigie de Gary Kellgren (l’ingénieur du son sur l’album).

Ce disque compte dans la discographie de Frank Zappa. La chronique de cet album est disponible ici.

« Cruising With Ruben & The Jets » est le troisième album paru en cette année 1968. Il sera suivi en 1969 de « Uncle Meat », album concept sur lequel nous reviendrons la prochaine fois.

Lumpy Gravy (1968) : quelles versions existent ?

« Lumpy Gravy » parait en mai 1968, à la suite de « We’re Only in It for the Money » (paru en septembre) bien que celui-ci ait été enregistré avant.

Frank Zappa y officie seul, sans la tribu des Mothers Of Invention. Deux ans plus tôt, Nick Venet, producteur entre autre d’une partie du travail des Beach Boys et qui connait bien Zappa propose au moustachu de mettre en oeuvre un album de musique dite orchestrale.

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Le verso de la pochette de « Lumpy Gravy »

Il existe de nombreuses versions de cette musique. Pour Capitol Records, Zappa enregistre une première mouture qui ne sera jamais éditée. Il recommencera l’enregistrement du disque pour la maison MGM. Des points communs lient « Lumpy Gravy » avec « We’re Only in It for the Money ». Les deux albums contiennent un morceau commun : « Take Your Clothes Off When You Dance » dont les versions diffèrent d’un disque à l’autre.

En 1984, un projet de remaniement de « Lumpy Gravy » est dans l’air avec une reprise des parties basse par Arthur Barrow (bassiste de Zappa de 1978 à 1981) et une autre de la partie batterie par Chad Wakermann (batteur de Zappa de 1981 à 1988). Cette nouvelle mouture ne sortira pas tout de suite en disque. Une partie est audible sur le coffret « Old Master » volume 1 paru en 1985 contenant 7 albums de Zappa.

En janvier 2009 sort le triple album posthume « Lumpy Money » qui contient entre autre la version revue en 1984 et remixée.

Le prochain billet s’attachera aux pas de « We’re Only in It for the Money », second disque paru en 1968, année décidément riche pour Zappa.

Vous pouvez découvrir la chronique de « Lumpy Gravy » sur le site frank-zappa.fr.

Absolutely Free (1967) : le disque système D

Second album de Zappa et des Mothers of Invention, « Absolutely Free » parait en 1967. Dès le début de la conception du disque, Frank Zappa se heurte au producteur Tom Wilson, qui délaisse complètement son travail.

Cette défection amène Zappa à effectuer une grande partie du travail de production. Dans un grand élan de générosité, MGM débloque un budget ridicule de 11 000 dollars pour l’enregistrement de ce deuxième disque. La présence en studio est réduite au minimum et le groupe doit tout réaliser en 4 séances de studios d’une durée de 6 heures chacune.

Le dos de la pochette d'Absolutely Free
Le dos de la pochette d’Absolutely Free

Faute de temps, le montage et le mixage du disque ne seront pas terminés. C’est là que tout le génie de Frank Zappa prend tout son sens. Histoire d’optimiser les séances, Zappa demande aux musiciens de répéter pendant des heures pour que tout soit au point en studio. Pour simplifier l’enregistrement, il redécoupe les morceaux afin d’avoir des titres plus courts et plus faciles à mettre en boite.

« Absolutely Free » comporte 13 morceaux (15 pour la réédition en CD) et, précédé d’une réputation d’innovation sonore non usurpée en regard des conditions d’enregistrement, il se hissera jusqu’à la 41ème place dans le classement Billboard dans la catégorie « Album Pop ».

L’année 1968 sera très prolifique avec la publication de 3 nouveaux albums « Lumpy Gravy » en mai, « We’re Only in It for the Money » en septembre et « Cruising with Ruben & the Jets » en octobre, tous ces disques ayant enregistrés en 1967.

Le prochain billet sera l’occasion de revenir sur « Lumpy Gravy », disque atypique, comme un peu tous les disques de Frank Zappa par ailleurs…

Autour de « Freak Out »…

Pour ce 3ème billet du blog Frank Zappa, penchons-nous à nouveau sur ce premier opus, « Freak Out » (1966) si important pour comprendre tout ce qui va venir après.

Un groupe, Soul Giants, écume les bars de la Californie. Un producteur à la recherche de nouveaux talents, décide après les avoir vu de signer ce nouveau groupe dans l’air du temps pour ce qu’il croyait être une nouvelle formation de blues.

Elliot Ingber, le second guitariste du groupe quittera l’aventure peu après pour rejoindre les rangs de Captain Beefheart. Dans cette formation appelée Soul Giants, on trouve aussi Ray Collins au chant, Roy Estrada à la basse et le batteur Jimmy Carl Black sans oublier bien sûr le premier guitariste Frank Zappa. Les 14 titres du double album « Freak Out » sont d’ailleurs de son crû.

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Un premier album devenu culte depuis : Freak Out (1966)

Si au départ, le double effort devait être composé majoritairement de reprises, ce sont des compositions dopées au rhythm and blues, au doo-wop, et au blues rock que l’on découvre, l’ensemble étant serti d’arrangements orchestraux audacieux et de bricolages sonores avant-gardistes.

Inutile de dire qu’aux Etats-Unis, le disque se vendra très peu mais il connaîtra un joli succès en Europe. De navet, il passera au statut d’album culte aux Etats-Unis où il ne cessera de s’écouler jusqu’aux début des années 70.

L’année suivante c’est l’album « Absolutely Free » qui sort le 26 mai 1967.

Frank Zappa prend à sa charge la production du disque, mettant ainsi le producteur Tom Wilson sur la touche.

C’est l’histoire de ce second album que nous raconterons lors d’un prochain billet.