1982 : l’épure est à l’honneur

L’année précédente, Zappa nous avait concocté trois albums. En cette année 1982, la tension se relâche quelque peu. Le maître ne commercialisera qu’un seul disque où tout devient simple.

Ship Arriving Too Late to Save a Drowning Witch

Que se passe-t-il en cette année 1982 ? Zappa semble avoir mis la pédale douce et ne sort qu’un seul album. La durée courte (34 minutes) et le nombre de morceaux proposés (6) laissent à penser que le moustachu a besoin d’une pause dans son effervescente créativité musicale.

Ship Arriving Too Late To Save A Drowning Witch
Le verso de la pochette

Pour commencer, une pochette sobre, aux traits noirs traversant une pochette blanche. Le graphisme explique le nom de l’album. Une sorcière qui se noie n’est pas sauvée par un bateau venu la secourir. Le bateau, dont on voit l’avant sur la gauche, s’approche de la sorcière dont on ne voit plus que le chapeau sur le trait représentant l’océan.

Pour le ton, Zappa choisit l’humour, son arme favorite. Un des morceaux entrera même au TOP 40 des charts américains. « Valley Girl » inclus un texte dit par la propre fille de Zappa, Moon Unit.

La grande suite compliquée « Drowning Witch » de plus de 12 minutes tire son épingle du jeu au milieu de chansons plus conventionnelles mais tout aussi réussies.

Pour en savoir plus sur cet unique album de l’année 1982, consultez le site frank-zappa.fr pour lire la chronique consacrée à « Ship Arriving Too Late to Save a Drowning Witch« .

1981 : trois albums pour commencer la décennie

Zappa attaque les années 80 avec une année blanche. 1980 sera auréolée d’un silence assourdissant, mais c’était pour mieux en remettre une couche par la suite. En 1981, Zappa publiait 3 albums dont voici un bref rappel.

Tinseltown Rebellion

Cet album parait quelques jours après l’élection de Mitterrand en France, le 17 mai 1981. Ce disque reprend des extraits de concerts captés un peu partout aux USA. En studio, Frank joue avec ses morceaux, retenant un solo par là, une rythmique par ci, et reconstruisant entièrement des titres complets en live qui n’ont en fait jamais eu ce mixage sur scène. « Tinseltown Rebellion » comprend 15 titres et reçoit les éloges du public à l’arrivée avec encore une fois une sélection live haute en couleur.

Shut Up ‘n Play Yer Guitar

Toujours pas de nouveaux titres avec cet étrange mais au demeurant excellent « Shut Up ‘n Play Yer Guitar » paru la même année.

Zappa

Zappa décide de la mettre en veilleuse avec (au choix) trois disques vinyles ou deux albums format CD compilant 20 solos de guitare issus de prestations scéniques variées. L’exercice paraîtra vain pour certains mais raviront les adeptes de la six cordes et fans du maître.

You Are What You Is

Enfin, en septembre 1981, Zappa produit une vingtaine de morceaux qu’il couche sur un triple album vinyle, « You Are What You Is« . De plus, pour mettre au point ces nouveaux titres, Zappa compose et enregistre dans son tout nouveau studio aménagé dans le sous-sol de sa maison.
Cet album inaugurait également une première. Le seul et unique clip du morceau-titre qui passera quelques temps sur MTV, années 80 oblige.
Comme Zappa ne savait pas faire les choses à moitié, il scénarisa le clip avec un sosie du Président de l’époque, Ronald Reagan. Mais le passage où le moustachu fait frire le Président sur une chaise électrique n’est pas très bien reçu. Le clip aura donc une courte durée de vie sur la chaîne avant d’être retiré.

Comme d’habitude, retrouvez les chroniques de ces albums sur le site frank-zappa.fr.

1979 : une fin de décennie chargée !

En 1979, dernière année de la décennie 70, Zappa va mettre les bouchées doubles en publiant 4 albums. La plupart des styles du maître y sont représentés avec un bel éclectisme.

En janvier 1979, « Sleep Dirt » offre durant 7 morceaux, une belle alchimie entre rock progressif et jazz fusion. En un peu moins de 40 minutes, Zappa dépoussière le genre et grave cette poignée de titres composés entre 1974 et 1976.

sleep dirt
Le dos du CD « Sleep Dirt »

En mars 1979 parait « Sheik Yerbouti », une grosse somme de morceaux live captés l’année précédente.

Avec ce disque, Zappa entame sa relation avec son nouveau label CBS. On considère toujours aujourd’hui que « Sheik Yerbouti », son 25ème album en un peu plus de dix ans d’activité est une vraie réussite commerciale.  Ce double-album atteindra la 21ème place des charts américains.

Seulement 2 mois plus tard parait « Orchestral Favorites », un disque de musique expérimentale. On trouve sur ce disque seulement 5 morceaux pour une durée d’un peu plus de 30 minutes. Pas moins de 20 musiciens constituent l’orchestre accompagnant Zappa, toujours au poste de guitariste.

joe-s-garage
Le verso de « Joe’s Garage »

Avant de clore l’année 1979 et attaquer une nouvelle décennie, le 19 novembre parait l’incontournable opéra-rock « Joe’s Garage ».

Ce double-album affiche une durée record de près de deux heures de musique qui parviendront à tenir sur quatre faces de vinyles.

Découpé en trois actes, le propos est tour à tour engagé ou ironique, montrant ainsi tout le génie d’un Zappa en état de grâce.

Le disque reste le préféré des fans et celui considéré comme le chef-d’oeuvre ultime du moustachu.

Lisez maintenant les chroniques de ces disques sur le site frank-zappa.fr.

1978 : 2 albums de plus !

L’année 1977 fut blanche pour Zappa. Enfin pas tout à fait. Il passe une bonne partie de l’année 1977 à tenter de convaincre sa maison de disques, Warner, de publier un gros projet intitulé « Läther ». Il s’agit d’un coffret contenant 4 albums. Mais cette dernière refuse, jugeant ce coffret invendable. Des centaines de radios seront pourtant destinatrices dudit coffret. L’année suivante, en 1978, Zappa monte son propre label, Zappa Records et se met en devoir de publier ces disques mais indépendamment.

Ainsi, pour l’année 1978 paraîtront « Zappa in new-york » et « Studio Tan ».

Zappa in New-York : live au Palladium

Un joli live sort donc en mars 1978. « Zappa in New-York » reprend une partie des concerts donnés le 26 et 29 décembre 1976 au Palladium. La version vinyle ne comportait que 10 morceaux. La version rééditée en CD bénéficiera de 5 nouveaux titres dont une belle version de « The Torture Never Stops ». Il est à noter que la photo de la pochette a été commise par le fiston Dweezil âgée de seulement 7 ans à l’époque.

Zappa in new-york version vinyle
Une jolie version en vinyle

Studio Tan : une face très expérimentale, l’autre moins

Second opus à voir le jour en septembre 1978, « Studio Tan ». Ce disque d’une petite quarantaine de minutes comporte 4 titres. Le premier « The Adventures of Greggery Peccary » représente la moitié de la durée. Très expérimentale, cette première face est difficile à suivre. Les plus patients goûteront avec plaisir la seconde avec notamment le superbe « RDNZL » fréquemment repris sur scène.

Lisez maintenant les chroniques de ces deux albums sur le site frank-zappa.fr.

1976 : année rock

Le source musicale qui semblait intarissable semble se calmer passé le mitan des années 70. En 1975, Zappa se contente de ne sortir que deux albums. En 1976, un seul opus parait, le 21ème depuis dix ans que le moustachu grave de la musique. « Zoot Allures » rompt avec les ambiances torturées et les grosses formations destinées à jouer de la musique complexe et souvent inaccessibles pour le croquant moyen.

Zoot allures : 100% rock

Terminé les digressions contemporaines. Aux oubliettes le jazz-rock. « Zoot Allures », débarrassé du surplus musical cousu doigts par Zappa se la joue 100% rock. Des morceaux d’une durée normale, un rock franc du collier qui n’affiche aucune polyrythmie et pas plus d’accords diatoniques. L’album va en décevoir plus d’un. Les fans d’expérimentations se retrouvent avec un disque de rock, loin d’être basique tout de même mais dénué de recherches musicales trop poussées.

Zoot Allures - Frank Zappa
Zoot Allures – 1976

Le moustachu joue de la plupart des instruments, guitare, synthé, basse et assure le chant lui-même. Avec Terry Bozzio, batteur au set monumental officiant entre autres dans King Crimson et aux côtés Peter Gabriel, Zappa concocte un rock teinté de blues qui va conquérir un nouveau public.

Le disque comporte un seul long morceau, « The Torture Never Stops » qui va devenir un classique repris quasiment à chaque concert. Même sur le visuel, Zappa casse les codes auxquels il était fidèle depuis 10 ans. Une photo de groupe simple, où l’humour et l’ironie ont décampé. Quoique…deux des musiciens figurant sur la pochette ne jouent pas sur le disque mais sur d’autres à suivre.

Un trait d’humour du moustachu ?

Retrouvez la chronique complète de Zoot Allures sur le site frank-zappa.fr.

1975 : dernières salves avec les Mothers of Invention

1975 va marquer un tournant dans la carrière prolifique du dieu Moustachu. Cette année-là, comme disait Claude, Zappa va sortir deux albums. « One Size Fits All » parait en juin 1975 et « Bongo Fury » la même année. A l’époque, la formule constituant les Mothers of Invention est sans doute la meilleure qui accompagna jamais Zappa.

Jugez plutôt :

– George Duke : claviers
– Napoleon Murphy Brock : saxophone et chant
– Tom Fowler : basse
– Chester Thompson : batterie
– Ruth Underwood : percussions

A partir de 1976, Frank Zappa décide de jouer uniquement sous son nom, sans faire mention du groupe qui l’accompagne.

One Size Fits All : en studio et en public

Encore un album avec un track-listing court. Avec seulement 9 titres, « One Size Fits All » contient des morceaux en public avec certaines parties substituées à d’autres en live. Ainsi, Zappa s’assure de montrer le meilleur de chaque titre en collant les parties qui lui semblent être le meilleur reflet de ce qu’il souhaite.

zappa et beefheart
Zappa et Beefheart réunis

L’album est aussi très accessible, sans coups tordus à l’intérieur ni folie furieuse de nature à faire quitter l’écoute à des personnes non averties.

Bongo Fury

Cet album live célèbre les retrouvailles entre Zappa et Captain Beefheart après quelques années de bouderie de part et d’autres. Quand on met en présence deux, au choix, dingues ou génies sur scène, le résultat risque d’être très aléatoire. « Bongo Fury » est un album mitigé, avec de vrais bons moments et des instants qui auraient pu restés dans l’anonymat.

A partir de cette année 1975, les musiciens formant les Mothers of Invention prennent leur distance avec Zappa. De moins en moins d’accord avec le direction prise par le Moustachu, Georges Duke va espacer ses interventions avec Zappa, de même que Chester Thompson, qui préférera la stabilité de Weather Report ou la pop plus facile de Genesis période Phil Collins.

Retrouvez maintenant la chronique de ces deux disques sur frank-zappa.fr.

L’année 1974 : toujours plus d’accessibilité !

Que faisiez-vous en 1974 ? Pour ma part, j’avais 9 ans, et le nom de Frank Zappa m’était bien moins familier que celui de Goldorak ou Casimir.

L’année 1974 allait être l’occasion pour le Moustachu de poursuivre l’entreprise débutée l’année passée. Il souhaitait rendre plus accessible sa musique au péquin moyen. Pour se faire, 2 nouveaux albums paraissent, venant s’ajouter aux 16 de la discographie existante : « Apostrophe » et un album live « Roxy and Elsewhere ».

Apostrophe

« Apostrophe » est l’album par lequel le néophyte commencera son immersion dans la riche oeuvre de Zappa. Appelé aussi disque « clé en main », cet album affiche une durée raisonnable (32 minutes) et des morceaux très abordables.

Verso disque Apostrophe
Verso disque Apostrophe

Avec des empreintes jazz et funk, « Apostrophe » se détache du lot avec des morceaux d’une durée également plus normalisé, loin des vastes étendues sonores de plus 10 minutes habituelles.

Roxy & Elsewhere

Paru en septembre 1974, « Roxy and Elsewhere » est un live qui contient 10 titres captés en décembre de l’année d’avant au Roxy Theatre et un peu partout ailleurs à Hollywood. La plupart des morceaux ont été revus en studio pour donner le meilleur d’eux-même. Ce disque est considéré comme une des meilleures prestations live des Mothers Of Invention.

En introduction de chaque titre, Zappa met un point d’honneur à expliquer la teneur de l’histoire racontée dans le morceau qui va suivre. L’ensemble offre une belle cohérence, avec des morceaux dynamiques et un groupe (ils sont neufs sur scène) au summum de sa forme.

Vous pouvez retrouver les deux chroniques complètes de « Apostrophe » et de « Roxy and Elsewhere » sur frank-zappa.fr.