1992 : toujours du live

En 1992, Frank Zappa sent sa fin prochaine. Il compile de façon frénétique les bandes de ses concerts et sort encore deux albums de la série « You Can’t Do That on Stage Anymore », tome 5 et 6 qui seront par ailleurs les derniers. Zappa apportait un soin particulier à créer ces compilations de concert, avec une harmonie recherchée entre les morceaux et les époques abordées. Les deux derniers opus de la série « You Can’t Do That on Stage Anymore », ne suivent plus aucune logique.

En plus de ces deux disques, Zappa fait paraître un autre live, l’impressionnant « Playground Psychotics ». Dans la foulée sort aussi le second coffret « Beat the Boots II ».

« You Can’t Do That on Stage Anymore », volume 5

Paru en juin 1992, « You Can’t Do That on Stage Anymore » volume 5 présente des titres captés en concert dans une fenêtre temporelle de 1965 à 1969 pour le premier CD de 25 titres. Le second CD regroupe des titres joués sur scène en 1982 et ne comporte que 13 morceaux.

Playground Psychotics
Verso Playground Psychotics

« You Can’t Do That on Stage Anymore », volume 6

Le dernier volume de la série « You Can’t Do That on Stage Anymore » sort en octobre 1992.  De loin, cet opus reste le meilleur de la collection. Zappa a particulièrement soigné la sélection des titres, captés entre 1971 et 1988 et nous propose les chansons les plus ouvertement provocantes de son immense répertoire.

Playground Psychotics

Sorti parallèlement à l’opus précédent en octobre 1992, Zappa resserre son choix de titres live (57 en tout !) sur deux galettes pleines à craquer de morceaux enregistrés en 1970 et 1971. Il faut dire aussi que sur 57 titres, 19 durent moins d’une minute… Le record est décerné à « Billy the Mountain » (30 minutes et 25 secondes) et à « You Got Your Armies » d’une durée de …10 secondes.

L’année suivante, Zappa sortira encore deux opus « Ahead of Their Time » et « The Yellow Shark » avant de tirer sa révérence.

Retrouvez les chroniques de tous ces albums de Frank Zappa sur le site frank-zappa.fr.

1991 : l’année des révélations

Zappa ne sort pas d’album en 1990. Année blanche suivie d’une année faste, 1991, où les fans auront trois opus à se mettre sous le tympan. Toutefois, le moustachu ne fera pas paraître de nouveaux matériaux. Ce sont trois albums live qui illustrent l’année 1991.

Cette année-ci compte également beaucoup dans la vie de Zappa. Fin 1991, sa fille Moon Unit révèle à la presse que son père est atteint d’un cancer.

The best band you never heard in your life – Avril 1991

En 1991, Zappa semble plus intéressé par ces expérimentations au Synclavier qu’aux parutions de disques. Pas de nouveaux titres commercialisés. En avril 1991 parait « The Best Band You Never Heard in Your Life » somme conséquente de 28 titres relevés en live. Parmi ceux-ci, on trouve quelques reprises bien senties de Led Zeppelin, Cream et même le thème du « Parrain » de Nino Rota pour juste 30 secondes. D’une facture très variée, ce double live réjouira les fans.

make a jazz noise here
Le verso de la pochette de « Make a jazz noise hereé

You Can’t Do That on Stage Anymore, Vol. 4 – Juin 1991

Au milieu de l’année parait le quatrième volume de la série « You Can’t Do That on Stage Anymore« .  Ces albums en live fournissent une quarantaine de morceaux captés sur une période assez large, de 1969 à 1988. Moins barré que les précédents tomes de la série, ce quatrième opus est un vrai ravissement auditif.

Make a Jazz Noise Here – Juin 1991

Encore une belle somme en live avec « Make a Jazz Noise Here » publié aussi en juin 1991. Le Maître nous assène 25 titres récupérés pendant la tournée de 1988, qui se révèle une vraie mine pour les albums en public de notre cher moustachu. Encore une fois très éclectique, une livraison en public qui tape dans le mille.

Pour finir, l’année 1991 voit aussi la parution d’un coffret de 8 disques intitulé « Beat the Boots » dont le second volume paraîtra l’année suivante.

Retrouvez les chroniques de ces disques sur le site frank-zappa.fr.

1989 : rien de nouveau sous le soleil

En 1989, l’affreux compte à rebours continuait à égrener ses secondes, ses minutes, ses heures et ses journées. Dans 4 ans, Frank Zappa ne serait plus. En 1989, le moustachu fatigue peut-être déjà. Ou bien l’envie de publier des nouveaux morceaux ne l’amuse plus. 2 albums sortiront en 1989, deux lives contenant bien évidemment des titres déjà entendus ailleurs.

Broadway the hardway

17 titres au compteur pour ce beau live et plus d’une heure et dix minutes de musique qui offre tout le savoir-faire du Zappa. Le Frank se tient bien droit sur la pochette et arbore une coupe fin des années 80 et un costume décontracté.

verso broadway the hardway
Le dos de « Broadway the hardway » avec la liste des titres

La plupart des styles sont abordés dans ce disque. Rock, rap, jazz le tout baignant dans une ambiance propice à la déconnade et à la parodie. Histoire aussi de casser les codes, Zappa invite Sting à chanter sur une reprise de Police tout de jazz vêtue (Murder by Numbers).

Zappa est entouré d’une douzaine de musiciens pour un show complexe mais mené de bout en bout avec une énergie communicative.

You Can’t Do That on Stage Anymore, Vol. 3

En novembre 1989 sort également le troisième volet de « You Can’t Do That on Stage Anymore ».  Belle somme de 25 titres captés live et sur une large période (de 1971 à 1984). Ces 2h35 de musique compte aussi un titre de près de 25 minutes, un « King Kong » grand format qui ravira petits et grands.

Ce troisième volume est jugé par les critiques comme le plus mauvais des 6 volumes sortis. Toutefois, l’assemblage et le travail minutieux de collage de plusieurs versions issues de plusieurs concerts de Zappa est à saluer. Comme à l’accoutumée, chacun y trouvera bien quelque chose à se mettre sous le tympan.

L’année suivante, rien ne sortira du côté Zappa. Il faudra attendre 1991 pour que plusieurs disques (encore live) et un gros coffret tombent lourdement dans les bacs.

1988 : live avant tout

En 1988, Frank Zappa ne se consacre qu’a ses concerts et à sa soif de remaniements en tous genres. 3 albums live vont sortir cette année-là. C’est l’époque où les albums studios vont aussi se faire de plus en plus rare.

En avril parait le premier de ces disques au titre résumant bien le bonhomme.

« Guitar » : des solos par dizaines

En avril 1988 parait « Guitar« . Zappa n’a rien trouvé de mieux que de réunir sur 2 CD pleins à craquer des échantillons de ses solos en provenance d’une multitude de concerts enregistrés entre 1979 et 1984. Cette somme imposante a de quoi dégoûter le curieux lambda mais ravira le fan de base. Ce best-of de solis comporte plus de 30 solos triés sur le volet. Le double CD sort en même qu’un double vinyle, celui-ci ne contenant que 19 morceaux.

guitar zappa
Le dos du CD « Guitar »

Parallèlement à ce dico du solo selon maître Zappa, le moustachu entame sa série de live monumentaux « You Can’t Do That on Stage Anymore » avec la publication la même année des deux premiers tomes.

You Can’t Do That on Stage Anymore : 2 tomes sinon rien

Pour « You Can’t Do That on Stage Anymore vol 1 » paru en mai 1988, Zappa va remonter jusqu’en 1969 pour nous dégoter une première collection de 28 titres captés un peu partout dans le monde. La plus grande période explorée s’inscrit entre 1969 et 1979 et concerne 17 morceaux sur 28.

« You Can’t Do That on Stage Anymore vol 2 » parait en octobre 1988. Moins pesant (seulement deux heures au lieu des presque 2h20 du premier volume), cet opus présente 20 titres eux aussi captés en concert. Ce double album est le seul parmi les 6 que compte la série à proposer un concert complet. Ce spectacle a été capté en septembre 1974 sur un ou deux soirs à Helzinki.

Pour lire en détail les chroniques de ces 3 albums, visitez le site frank-zappa.fr.

1987 : l’année transparente

En 1987, le compte à rebours a déjà commencé pour Zappa. Sans bien évidemment qu’il le sache, il lui reste 6 années pour accomplir sa grande oeuvre. Un seul album parait cette année-là. Le second volume de « London Symphony Orchestra » dont le premier tome date de 1983.

« London Symphony Orchestra » : un retour aux sources

Cet album relativement cours (un peu plus de 43 minutes) a été enregistré en fait à la même époque que le tome 1, soit en 1983. Zappa a retardé sa sortie pour un raison bien précise. Certaines parties lui semblaient approximatives et il attendait de voir si la technologie lui permettrait de remédier à cela.

London symphony orchestra vol 2
Le verso de London symphony orchestra vol 2

Finalement, le disque va sortir tel quel, unique album de l’année 1987. Il faut dire aussi que Zappa veut rompre avec son précédent opus « Jazz From Hell » entièrement composé au Synclavier, dont la froideur le fait encore frissonner. Il veut retrouver la chaleur de l’orchestre « vivant » et sort peut-être « London Symphony Orchestra volume 2 » uniquement pour cette raison.

L’album est divisé en trois parties essentielles dont un « Bogus Pomp » de près de 25 minutes. On retrouve ce morceau adapté de « 200 Motels » sur « Orchestral Favourites » dans une version beaucoup plus courte de 13 minutes.

Un titre en deux mouvements « Bob in Dacron » puis « Strictly Genteel », lui aussi issu de « 200 Motels ». Loin des expérimentations orchestrales habituelles, « London Symphony Orchestra volume 2 » s’apparente plus à de la musique de film et doit se comprendre de cette façon.

L’année suivante sortira « Guitar » et le début de la saga en six épisodes avec les deux premiers volumes de « You Can’t Do That on Stage Anymore ».

En attendant de parler de ces trois albums, lisez la chronique de « London Symphony Orchestra volume 2 » sur frank-zappa.fr.

1986 : Live et Synclavier

Que faisiez-vous en 1986 ?

Le 14 février, la médecine faisait un nouveau bond en avant avec l’implantation d’un premier cœur artificiel. Le 20 mars, après dissolution de l’Assemblée Nationale, un second gouvernement se reforme autour du Président Chirac.

Le 26 avril, la centrale nucléaire de Tchernobyl explose. Le 30 novembre, Cary Grant (La Mort aux Trousses) décède à l’âge de 82 ans.

En janvier 1986 parait un live du Moustachu (« Does Humor Belong in Music ? ») et en novembre, c’est le tour de « Jazz From Hell » d’atterrir dans les bacs.

Does Humor Belong in Music ? : sur scène

« Does Humor Belong in Music ? » est avant tout un DVD chargé de retracer un concert de Zappa de 1984. Le disque qui en est tiré ne reprend qu’une partie de ce live avec seulement 10 titres. Entre les titres « interlude » d’à peine plus d’une minute (« Cock-Suckers’ Ball » et « WPLJ ») et une longue suite de plus de 16 minutes (« Let’s Move to Cleveland »), ce témoignage de Zappa sur scène demeure un vrai régal auditif dans sa concision.

Jazz From Hell : expérimentations

Seulement 34 minutes pour ce disque expérimental « Jazz From Hell » publié en fin d’année. Zappa s’approprie le Synclavier et compose des instrumentaux à la virtuosité ahurissante. Le disque est très bien reçu par la critique et obtient même un prix aux Grammy Award.

Verso de Jazz From Hell
Verso de Jazz From Hell

La ligue Parental Music Resource Center qui traque Zappa depuis des années demandera que le sticker « Parental Advisory » soit apposé sur la pochette. C’est probablement le seul disque instrumental sanctionné par ce sticker dénonçant d’habitude des paroles pouvant pervertir la jeunesse américaine.

Retrouvez maintenant les chroniques de ces deux albums de l’année 1986 sur le site frank-zappa.fr.

1985 : la portion congrue

Que se passait-il en 1985 ?

Le 11 mars, Gorbatchev prend la tête de l’URSS. Le 12 avril, la navette américaine Discovery quitte l’orbite terrestre pour revenir une semaine après. Le 29 mai, le stade du Heysel en Belgique est le théâtre d’émeutes durant un match de foot. L’événement fait 41 morts. Le 10 juillet, le Rainbow Warrior, bateau appartenant à l’association Greenpeace, coule en Nouvelle-Zélande. Le sabotage devient une affaire d’Etat au cours de laquelle le ministre de la Défense française en place, Charles Hernu, démissionne. Le 30 septembre, l’actrice Simone Signoret décède à l’âge de 64 ans.

Frank Zappa Meets the Mothers of Prevention

En novembre 1985 sort le seul album de Zappa pour cette année, « Frank Zappa Meets the Mothers of Prevention ».

7 puis 9 puis finalement 10 morceaux

Les fans du moustachu, habitués à la sortie de plusieurs opus chaque année, seront frustrés en 1985. Seul un album tombe dans les bacs qui plus est en fin d’année. De facture très expérimentale, « Frank Zappa Meets the Mothers of Prevention » concerne en plus une portion réduite du public de Zappa.

A l’origine doté de 7 morceaux dans sa version originale U.S (pour une durée ridicule d’environ 35 minutes), l’album se verra augmenté de 2 titres supplémentaires et du retrait d’un autre pour sa sortie en Europe. Lors de la réédition en CD, le titre supprimé pour la version Europe sera rajouté au track-listing portant à 10 le nombre de morceaux total.

Que dire de ce disque sinon que Zappa enfonce le clou dans la provoc avec des morceaux aux titres explicites (« Alien Orifice », « Aerobics in Bondage ») histoire de faire suer le comité  « Parents Music Resource Center » en charge aux Etats-Unis d’apposer des autocollants « Parental Advisory Explicit Lyrics » sur les boîtiers de disques.

Le disque évolue entre jazz expérimental et musique contemporaine. Le Synclavier y est majoritairement présent, même si Steve Vai, fraîchement recruté, exécute quelques moulinets d’obédience plus rock.

Pour en savoir plus sur « Frank Zappa Meets the Mothers of Prevention« , merci de vous rendre sur le site frank-zappa.fr.