Lumpy Gravy (1968) : quelles versions existent ?

« Lumpy Gravy » parait en mai 1968, à la suite de « We’re Only in It for the Money » (paru en septembre) bien que celui-ci ait été enregistré avant.

Frank Zappa y officie seul, sans la tribu des Mothers Of Invention. Deux ans plus tôt, Nick Venet, producteur entre autre d’une partie du travail des Beach Boys et qui connait bien Zappa propose au moustachu de mettre en oeuvre un album de musique dite orchestrale.

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Le verso de la pochette de « Lumpy Gravy »

Il existe de nombreuses versions de cette musique. Pour Capitol Records, Zappa enregistre une première mouture qui ne sera jamais éditée. Il recommencera l’enregistrement du disque pour la maison MGM. Des points communs lient « Lumpy Gravy » avec « We’re Only in It for the Money ». Les deux albums contiennent un morceau commun : « Take Your Clothes Off When You Dance » dont les versions diffèrent d’un disque à l’autre.

En 1984, un projet de remaniement de « Lumpy Gravy » est dans l’air avec une reprise des parties basse par Arthur Barrow (bassiste de Zappa de 1978 à 1981) et une autre de la partie batterie par Chad Wakermann (batteur de Zappa de 1981 à 1988). Cette nouvelle mouture ne sortira pas tout de suite en disque. Une partie est audible sur le coffret « Old Master » volume 1 paru en 1985 contenant 7 albums de Zappa.

En janvier 2009 sort le triple album posthume « Lumpy Money » qui contient entre autre la version revue en 1984 et remixée.

Le prochain billet s’attachera aux pas de « We’re Only in It for the Money », second disque paru en 1968, année décidément riche pour Zappa.

Vous pouvez découvrir la chronique de « Lumpy Gravy » sur le site frank-zappa.fr.

Absolutely Free (1967) : le disque système D

Second album de Zappa et des Mothers of Invention, « Absolutely Free » parait en 1967. Dès le début de la conception du disque, Frank Zappa se heurte au producteur Tom Wilson, qui délaisse complètement son travail.

Cette défection amène Zappa à effectuer une grande partie du travail de production. Dans un grand élan de générosité, MGM débloque un budget ridicule de 11 000 dollars pour l’enregistrement de ce deuxième disque. La présence en studio est réduite au minimum et le groupe doit tout réaliser en 4 séances de studios d’une durée de 6 heures chacune.

Le dos de la pochette d'Absolutely Free
Le dos de la pochette d’Absolutely Free

Faute de temps, le montage et le mixage du disque ne seront pas terminés. C’est là que tout le génie de Frank Zappa prend tout son sens. Histoire d’optimiser les séances, Zappa demande aux musiciens de répéter pendant des heures pour que tout soit au point en studio. Pour simplifier l’enregistrement, il redécoupe les morceaux afin d’avoir des titres plus courts et plus faciles à mettre en boite.

« Absolutely Free » comporte 13 morceaux (15 pour la réédition en CD) et, précédé d’une réputation d’innovation sonore non usurpée en regard des conditions d’enregistrement, il se hissera jusqu’à la 41ème place dans le classement Billboard dans la catégorie « Album Pop ».

L’année 1968 sera très prolifique avec la publication de 3 nouveaux albums « Lumpy Gravy » en mai, « We’re Only in It for the Money » en septembre et « Cruising with Ruben & the Jets » en octobre, tous ces disques ayant enregistrés en 1967.

Le prochain billet sera l’occasion de revenir sur « Lumpy Gravy », disque atypique, comme un peu tous les disques de Frank Zappa par ailleurs…

Autour de « Freak Out »…

Pour ce 3ème billet du blog Frank Zappa, penchons-nous à nouveau sur ce premier opus, « Freak Out » (1966) si important pour comprendre tout ce qui va venir après.

Un groupe, Soul Giants, écume les bars de la Californie. Un producteur à la recherche de nouveaux talents, décide après les avoir vu de signer ce nouveau groupe dans l’air du temps pour ce qu’il croyait être une nouvelle formation de blues.

Elliot Ingber, le second guitariste du groupe quittera l’aventure peu après pour rejoindre les rangs de Captain Beefheart. Dans cette formation appelée Soul Giants, on trouve aussi Ray Collins au chant, Roy Estrada à la basse et le batteur Jimmy Carl Black sans oublier bien sûr le premier guitariste Frank Zappa. Les 14 titres du double album « Freak Out » sont d’ailleurs de son crû.

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Un premier album devenu culte depuis : Freak Out (1966)

Si au départ, le double effort devait être composé majoritairement de reprises, ce sont des compositions dopées au rhythm and blues, au doo-wop, et au blues rock que l’on découvre, l’ensemble étant serti d’arrangements orchestraux audacieux et de bricolages sonores avant-gardistes.

Inutile de dire qu’aux Etats-Unis, le disque se vendra très peu mais il connaîtra un joli succès en Europe. De navet, il passera au statut d’album culte aux Etats-Unis où il ne cessera de s’écouler jusqu’aux début des années 70.

L’année suivante c’est l’album « Absolutely Free » qui sort le 26 mai 1967.

Frank Zappa prend à sa charge la production du disque, mettant ainsi le producteur Tom Wilson sur la touche.

C’est l’histoire de ce second album que nous raconterons lors d’un prochain billet.

Biographie Frank Zappa : naissance et premier album

Francis Vincent Zappa et Rose Marie Colimore, Francis étant à la fois d’origine sicilienne et libanaise et Rose mêlant des origines française et italienne vivent dans le Maryland à Baltimore.

En décembre 1940, Rose donne naissance au premier de leurs 4 enfants, Frank. Dès son plus jeune âge, Frank Zappa s’intéresse de près à la musique classique (Stravinsky) et à la musique plus expérimentale (Edgard Varèse).

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La famille déménage en Californie, et Frank découvre les groupes locaux axés principalement sur le rythm’n blues. Devenu musicien, il commence par jouer de la batterie dans différentes formations avant de rejoindre un groupe du coin, mais cette fois-ci en tant que guitariste. Bien intégré dans cette nouvelle formation, Zappa va en prendre plus ou moins la direction et la rebaptise d’un nom de son choix : Motherfuckers (qu’il n’est pas utile de traduire).

Sous la pression de la maison de disques, le groupe doit changer de nom et devient « The Mothers of Invention ».

Le producteur Tom Wilson qui a travaillé entre autres avec Dylan, Simon and Garfunkel ou alors The Velvet Underground supervise l’enregistrement d’un premier album intitulé « Freak Out » en 1966.

Ce disque, double au demeurant, cumule les deux influences majeures de Zappa: l’expérimental et le rythm’n blues.

« Freak Out » est le second double album studio de l’histoire du rock, le premier restant « Blonde on Blonde » de Dylan. Le ton de l’album est très iconoclaste et Zappa y règle quelques comptes avec la société américaine de l’époque au travers de textes satiriques…

A suivre…

Ouverture du blog Frank Zappa

Après deux années d’activités et plusieurs dizaines de chroniques de disques publiées, le site frank-zappa.fr s’enrichit d’un blog. Ce nouveau support permettra de publier régulièrement des articles concernant le moustachu, aussi bien sur sa biographie que sur les news le concernant, ou les nouveaux albums que sa descendance continue de publier régulièrement.

Ce blog peut également être pour vous le moyen de vous exprimer sur Frank Zappa, sa vie, son oeuvre.

Il vous suffit pour cela de m’envoyer l’article que vous souhaitez publier par mail (CF mail contact du site frank-zappa.fr disponible au bas de chaque page).

Après relecture, je me chargerais de le publier sur le blog en faisant mention de votre participation, ou pas, selon vos désirs.

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Ouverture du blog Frank Zappa

En attendant et histoire de publier une première info qui risque bien de réjouir tout le monde, signalons les dernières parutions du moustachu en cette année 2016.

3 albums sont sortis cette année : « Frank Zappa For President », « The Crux of the Biscuit », « Road Tapes, Venue 3 ». Ces trois disques seront rajoutés dans la rubrique « discographie posthume » et chroniqués dès que possible.

Signalons également la sortie d’un documentaire intitulé « Eat That Question: Frank Zappa in His Own Words » de Thorsten Schütte, qui retrace le parcours musical de Frank Zappa à grands renforts d’extrait de concerts et d’interviews et qui fait en ce moment le tour des festivals.